PSY DE CRISE : NOMMER PROPREMENT LES CHOSES : CONFINEMENT

Appelons donc les choses par leur vrai nom. Nommer les choses pour ne pas ajouter au malheur du monde…écrivait Albert Camus.

Tout le monde parle du mot « psychose » totalement impropre dans ce cas où la réalité n’est absolument pas un délire ni une hallucination et qu’il vaut mieux remplacer simplement par « peur », une émotion bien compréhensible par tous qu’elle soit personnelle, collective et même virale.

La peur, malgré l’angoisse qu’elle peut engendrer, est stimulante car elle active notre force de vie.

Car  la réalité est bien là, bruyante et sans détour-ne-ment possible. C’est un virus mortel pour certains d’entre nous…les plus fragiles et je sais de quoi je parle puisque j’en fais partie…

Il faut apprendre à vivre avec sa peur et essayer, tant bien que mal de l’apprivoiser. Le mot peur n’a jamais tué personne.

Chaque jour un nouveau mot (m.o.t.) mais pas de nouveaux maux (m.a.u.x.), c’est bien suffisant.

Dans cette période plus que troublée, il y a des mots qui font peur, presque tous d’ailleurs. Essayons, comme notre peur, de les apprivoiser, de les débarrasser de leur gangue nauséeuse.

Aujourd’hui, le mot « confinement » est à l’ordre du jour. Disons qu’il est  relativement adapté malgré son aspect un peu « barbelé » si je puis dire.

En terme survivaliste, « confinement » veut dire : isolement du monde extérieur pour s’en protéger en s’enfermant dans son domicile de façon à se protéger d’une menace extérieure. Cela m’évoque le film Panic Room de 2002 avec Jodie Foster qui vit dans une maison avec une pièce-refuge aveugle et non repérable par les bandits, certainement pas à revoir en ce moment.

Confinement vient du mot « confins » qui signifie, en géographie, les limites lointaines d’un pays. On parlera plus facilement des confins de la Chine que des confins du Vatican ou …des confins de son appartement sauf s’il est immense.

En fait, dire « être confiné » a un relent de privation de liberté, d’enfermement car « confinement » est un terme de droit criminel.

Plus poétique et nostalgique, il évoquera pour certains le bocal hermétique où sont « confinées » où macèrent voire fermentent des conserves et les confitures de la grand-mère (à ne pas oublier dans la liste des indispensables).

On dit aussi d’une atmosphère qu’elle est « confinée » et ce sera le cas bien que le printemps arrive.

Alors oui, nous allons être confinés sans avoir fait quelque chose de mal mais pour le bien de chacun et de tous. On aurait pu employer le mot « consigné » pour évoquer les années du lycée où on disait habituellement « être collé » c’est à dire venir faire un devoir un jour sans classe.

En ce qui nous concerne nous sommes « confinés » pour la bonne cause pour nous conserver la vie.

Cela veut dire aussi que nos frontières de vie sont devenues beaucoup plus étroites parce que le territoire de vie s’est considérablement réduit pour éviter la propagation du virus.

Certains y voient un emprisonnement. D’autres y voient un rapprochement de la famille.

On peut aussi se confiner, se limiter à des tâches précises quand on reste chez de par la loi. C’est un peu plus cool.

Pour terminer sur une note concrète,  voyons les conséquences psychiques de ce confinement « extraordinaire » :

Voici, sans être exhaustif, quelques inconvénients majeurs et évidents de la vie en vase clos, sans contact avec l’extérieur:

  • Exacerbation des conflits existants et potentiels du fait de la promiscuité et du partage de l’espace (salon, salle de bains, télévision etc.), de la nourriture, des boissons et des moyens de communication.
  • Aucune latitude pour aller prendre l’air et sortir, et cela deviendra assez vite une bombe à retardement car certains deviendront invivables et braveront les consignes.
  • Intimité mise à mal surtout dans les petits appartements (odeurs etc.)
  • Promener le chien pour ses besoins, sans jardin.

D’où la nécessité de règles préalables et de rappels réguliers de la solidarité obligée : propreté, ménage, poubelle, rangement etc.

En parallèle, voici quelques avantages  de la vie en communauté :

  • Mieux vaut être confiné chez soi que chez les autres,
  • Retrouver la solidarité et le partage sur les tâches quotidiennes
  • Se faire de très agréables moments de partage : photos, films, discussion, musique, jeux

A chacun d’apprécier la balance points forts points faibles du confinement entre la ville et la campagne. Je laisse la discussion ouverte mais cela semble un peu tard pour se décider.

Dans ce scénario de pandémie virale, le confinement est le meilleur moyen de se protéger et ses proches et ce, en sécurité.

De toute façon, le confinement est un mal nécessaire pour notre survie et comme la peur il faudra s’y habituer…

 

Guy Lesoeurs, copyright 2020 mardi 16 mars. Jour de confinement 1

Psy??? mais encore! Des précisions utiles et rigoureuses. Première partie.

La profession de psy n’est pas nouvelle. Le problème est que tout le monde, du guérisseur autoproclamé au psychiatre dûment diplômé en passant par la diseuse de bonne aventure, l’astrologue et bien entendu par le psychologue et le psychanalyste, s’occupe avec plus ou moins de sérieux et de compétences de vos angoisses et votre état mental.

Vous avez sans doute pensé à vous faire aider psychologiquement. Mais à qui s’adresser?  Comment s’y retrouver?

Extrait d’un dialogue avec une patiente un peu perdue dans le brouhaha sur les psy quand le Pr Marcel Rufo, pédopsychiatre reconnu et médiatique cohabite dans « Femme actuelle » ou « Psychologies magazine » aux côtés de Claude Halmos, psychanalyste bien connue, Boris Cyrulnik, Serge Tisseron, Christophe ou Jacques André, Philippe Brenot psychiatres écrivains et…Brigitte Lahaie ancienne hardeuse et sexologue radiophonique…en passant par le sofa de Miller, psychanalyste « ruquierien » et le pseudo-divan d’un animateur TV jusqu’à la plaque du psy de quartier. 

A quelle personne faire confiance pour parler de ses petits et grands problèmes personnels ou de couple?

Dans la jungle des thérapies de tout type (j’exclus les gourous, les marabouts, les cartomanciennes, les Professeurs Mamadou des petits annonces ou les promoteurs de manipulations mentales ou corporelles qui se servent comme axiomes de l’énergie universelle, l’approche quantique…ou d’un décodage pseudo-biologique;  je n’ai rien contre mais quand même soyons sérieux!) comment s’y retrouver?  

Certes, ce sera, avant tout, la rencontre avec une personne mais quelle qualification? Quelles garanties de sérieux et de professionnalisme? Quelle éthique et quelle déontologie?

Dans tous ces noms compliqués on est perdu:  psychologue, psychiatre, psychothérapeute, psychanalyste et maintenant le psycho-praticien .. comment les distinguer?

Il est vrai que ce n’est pas facile! Clarifions un peu en distinguant 5 catégories.

1.Le psychiatre est un professionnel de santé, il est titulaire du diplôme de docteur en médecine  et il est le spécialiste  de la santé mentale. Il peut prescrire des médicaments. Ses consultations sont remboursées par la CPAM et les Mutuelles. S’il est psychothérapeute agréé, il peut prendre en charge des patients en psychothérapie. S’il est psychanalyste (il doit avoir suivi une cure analytique et être inscrit dans une société psychanalytique), il peut conduire des cures psychanalytiques qui normalement de sont pas remboursées.

2. Le titre de psychologue est reconnu par l’Etat et protégé par la loi. Le psychologue est titulaire d’un diplôme universitaire (Master 2 /DESS). Il n’est pas médecin et ne peut prescrire de médicaments. A l’heure actuelle, aucun acte effectué par un psychologue n’est remboursé par la CPAM sauf s’il  est reconnu par l’ARS et fait partie d’une expérimentation dans 4 départements. Certaines mutuelles peuvent rembourser un forfait de consultations psychologiques effectuées par un psychologue clinicien.

3. Le titre de psychothérapeute est reconnu par l’Etat. Il est réservé aux médecins qui ont accompli une formation psychothérapeutique, aux titulaires d’un Master 2 dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse et qui ont suivi une formation en psychopathologie clinique. Les psychothérapeutes sont inscrits au registre national des psychothérapeutes et agréés par l’Agence Régionale de Santé de leur département avec un numéro ADELI. Ce sont des professionnels de santé. Le remboursement des séances peut être accepté, sous forme de forfait, par les mutuelles. Le psychothérapeute, afin de justifier ce titre, doit avoir obtenu l’agrément par l’ARS de son département. A l’heure actuelle, aucun acte effectué par un psychothérapeute n’est remboursé par la CPAM sauf s’il  est reconnu par l’ARS et fait partie d’une expérimentation qui a lieu dans 4 départements (13,31, 40, 56). Aucune personne non agréé par l’ARS ne peut prétendre au titre et à la mention de psychothérapeute. Il y a donc lieu de demander son numéro ADELI à votre psy pour s’en assurer.

4. Le titre de psychanalyste n’est pas reconnu par l’Etat. Il est donc libre. Cependant, prétendre être psychanalyste relève, en fait, d’une exigence personnelle très élevée. Un psychanalyste a obligatoirement effectué une cure analytique personnelle longue (au minimum 5 à 6 ans) auprès d’un psychanalyste chevronné, une analyse dite didactique auprès d’un psychanalyste didacticien. Le psychanalyste doit avoir été formé à la théorie et à la pratique psychanalytiques par un institut de formation reconnu. Il doit être validé par ses pairs en tant que psychanalyste (passage devant un jury) et, par conséquent, être membre, régulièrement inscrit, d’une institution psychanalytique reconnue dont il s’engage à suivre le code déontologique. Le psychanalyste qui remplit les critères énoncés plus haut peut être médecin, psychiatre, psychologue ou venir d’un autre univers. Un psychanalyste installé doit suivre une supervision régulière et pouvoir la justifier auprès d’un psychanalyste senior.

Un psychanalyste qui n’aurait pas suivi une cure analytique longue, ni une analyse didactique, qui n’aurait pas été formé à la psychanalyse dans un institut reconnu, qui ne serait pas inscrit dans une institution psychanalytique sérieuse après après avoir été reconnu comme tel et qui ne serait régulièrement supervisé ne peut éthiquement pas prétendre à exercer en tant que psychanalyste et suivre des patients en cure analytique. Dans sa présentation et sa documentation son affiliation doit être dûment mentionnée.

5. Autres appellations dont celle de psycho-praticien, d’ hypno-thérapeute, art-thérapeute, coach de vie etc. 

Aucune des appellations mentionnées ci-dessus ne sont reconnues par l’Etat. Elles font allusion à des pratiques à visée psychothérapeutiques de soutien, de coaching, de développement personnel (Il en existe plus de 400!) qui peuvent être légalement mentionnées comme psychothérapies (sans toutefois pouvoir faire référence à la profession de Psychologue, de Psychiatre ou de Psychothérapeute). Ces appellations dépendent d’institutions privées qui forment les praticiens à leurs méthodes. C’est ainsi que l’on trouve des coachs de vie, des hypno-thérapeutes, des art-thérapeutes, des psycho-praticiens de diverses méthodes comme celles d’inspiration analytique, P.N.L, Analyse Transactionnelle, thérapie humaniste, systémique etc.). Compte tenu de la restriction légale apportée par la Loi au titre de psychothérapeute, nombre de « psy » formés à une technique ou à une autre ont pris l’appellation générique de psychopraticien. Certains qui sont des psychanalystes « en devenir » prennent le titre provisoire de psycho-praticien analytique, la déontologie de leur institution de formation ne les autorisant à mener des cures analytiques.

 

Remboursement par la CPAM 13 des séances de psychothérapies

Dans 3 départements français ( Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Morbihan) est conduite par la CPAM une expérimentation sur 3 ans qui consiste à prendre en charge sur prescription du médecin traitant, 10 séances de psychothérapie de soutien pour les patients de 18 à 60 ans, sans thérapie psychotrope. Les séances dureront 1/2 h. Elles seront effectuées, après évaluation par un psychologue clinicien ou un psychothérapeute agrée ARS volontaire pour l’expérimentation dûment inscrit auprès de la CPAM. Le psy sera réglé directement par la CPAM. Un bilan sera fait à l’issue des 10 séances et une nouvelle prescription du médecin pourra être instituée pour 10 séances supplémentaires, cette fois de psychothérapie plus ciblée avec une durée de 3/4 h chacune. Le patient n’aura rien à régler. Aucun droit à dépassement ne sera autorisé. En tant que psychothérapeute agréé par l’Agence Régionale de Santé 13, j’ai passé une convention avec la CPAM et je figure sur la liste des psy habilités. Bien qu’il s’agisse d’une expérimentation limitée, cette opération démontre la volonté de prise en charge des psychothérapies sérieusement conduites par des professionnels reconnus dans les cas de pathologie mentale légère à modérée qui ne nécessitent pas une prescription de psychotropes, trop systématique dans notre pays. Membre de la Société Française de Santé Publique depuis longtemps, je me devais de participer à cette intéressante initiative de la CPAM.

 

  • Informations
  • Depuis le 1° janvier 2017, je suis agréé en tant que psychothérapeute, professionnel de santé,  à l’Agence Régionale de Santé des Bouches du Rhône. Cet agrément pourra permettre aux patients qui ont souscrit une option « psychothérapie » d’être mieux remboursés par leur mutuelle. C’est ainsi que les séances avec protocole Intégration Mouvements Oculaires (idem EMDR) dont je suis certifié niveau II par le Dr D. Beaulieu pour la gestion du stress, des émotions et des effets des traumas et les séances de Brainspotting (dont je suis certifié par le Dr D.Grand, New York) pourront être prises en charge.

A LA BONNE HEURE, BONNE HUMEUR …

« C’est un petit bonheur que j’avais ramassé, il était tout en pleurs, sur le bord du fossé… »

Le poète chantant de l’Ile d’Orléans, le grand Félix Leclerc ne s’y était pas trompé. Le bonheur est à ramasser. Car c’est souvent quand on se trouve « à la ramasse » sur le bord d’un fossé, pleurant sur son triste sort de personne délaissée que quelqu’un se penche et vous prend à la petite cuiller.

Déguster le bonheur à la petite cuiller, comme un œuf coque dont on a fait l’effort de briser la coquille qui, pourtant, semblait enfermer à tout jamais l’amorce d’un plaisir, la réalisation d’un désir. Le bonheur est là mais il ne faut pas l’appeler par son nom, parlons de la bonne heure.

A la bonne heure, profitons de l’instant présent, carpe diem, c’est écrit sur les murs crépis ou décrépis du Nord ou du Sud, sur les cartes postales à 1 euro, pas encore les tickets de métro mais pourquoi donc pas ?

Des petits riens, des petitous, des moufles de rigolade quand on se prend les oreilles de rire. Un bon moment. Laissez moi ce bon moment, ce bond maman, ce bon maman, nostalgie d’une fleur contemplée et d’un pas de deux esquissé dans une vieille chapelle, d’un cierge pour un vœu exaucé. Oui, elle est guérie et vivra encore des milliards de secondes.

La vie est reine, offre toi le bon temps, la bonne heure.

Lo tempo passo, passo lo bien. Oui, le temps passe, passe le bien. Dis moi vieux provençal, toi qui arpentes les Alpilles pour trouver l’eau des fontanilles, as tu d’autres proverbes dans ta besace ?

A tes côtés, des amis, des enfants et la cohorte de tes ancêtres, ceux assis sur le banc blanc de poussière éclaboussé de soleil qui attendent la quiétude de la lune. Il est bonne heure pour deviser, marcher, lire en marchant.

La bonne humeur éclate sous ta moustache, on la sent, on la devine tandis que tu sèmes les senteurs de la garrigue et les porte jusqu’aux marais où les Camargue narguent les taureaux.

Alors la petite âme esseulée, délaissée se relève et prend le vent… un vrai bonheur de vent d’été.

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